agenda Mai 68

Publié le par mai

agenda.jpg.jpgL’ouvrage : toutes les fonctionnalités d’un bel agenda de bureau (plannings 2007 et 2008, dates des vacances scolaires, notes, semainiers, etc.) en même temps qu’un beau livre à déguster tout au long de l’année : une histoire et une anthologie de Mai 68 en France et dans le monde. 168 pages, format 20 x 20 cm, reliure cartonnée, tranchefile, signet.
 
 
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Lors d’une récente campagne électorale en France, l’un des candidats n’a pas consacré moins de quinze discours (sur une cinquantaine prononcés durant cette campagne) à de hargneuses récriminations contre « l’héritage de mai 1968 » qu’il faut, selon lui, « liquider ».
Preuve par l’absurde, s’il en était besoin, qu’il se passa bien « quelque chose » en ce joli mois de mai. (Au passage, notez bien : quarante ans, quatre décennies, presque un demi-siècle… Imaginons, pour prendre un exemple d’élection marquante, le candidat Mitterrand menant campagne en 1981 à propos de faits survenus en 1941… Ou encore le général de Gaulle élu en 1958 grâce à un discours portant sur la fin de la première guerre mondiale !)
En 1968, on euphémisa ce « quelque chose » en le mettant au pluriel : les « événements ». Il est vrai qu’on avait l’habitude : en ce temps-là, et jusqu’à la fin du siècle passé, le discours officiel français ne désignait-il pas la guerre d’indépendance en Algérie sous ce même terme, ô combien pudique, d’« événements » ?
L’usage de ce pluriel mal taillé, pour ne pas dire singulier, devrait alerter tout-e citoyen-ne français-e qui se respecte – pas plus que la fraternité ou l’égalité, la liberté ne se frotte au pluriel sans risquer de s’y perdre en libertés de pacotille, menue monnaie complaisamment distribuée au peuple par ceux qui redoutent sa liberté.
La liberté ressemble à l’esprit, qui souffle quand et où il veut. C’est très certainement quelque chose de cet ordre qui survint en 68. On dit 68, et mai, parce qu’on cherche toujours à se simplifier la tâche.
Il ne faut pas se lasser de répéter, et l’on n’y manquera pas dans ces pages, que mai 1968 n’est qu’un repère, à la fois aboutissement et point de départ, fabuleux carrefour de possibles au milieu d’une période plus longue (de la fin des années soixante au milieu des années soixante-dix), au milieu également d’une aire autrement plus vaste que le seul Quartier Latin, ou même que la France, puisque la vague révolution­naire – osons le mot – déferla, avec des fortunes diverses, à travers le monde entier.
L’événement trace ses lignes de fuite jusque sous nos pieds, il lézarde encore quelques certitudes lacrymogènes de ce début de siècle, il trouble encore le repos des gens de bien(s) dont le candidat sus-cité s’est fait le hérault. C’est ainsi qu’on l’identifie comme un événement singulier, c’est-à-dire véritable. Il n’a pas fini de nous enthousiasmer.

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